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Qu’est-ce qu’une dysphagie : comprendre les difficultés à avaler

« Pourquoi je m’étouffe souvent en mangeant ? » Cette question, beaucoup la posent à leur médecin sans oser en parler à leur entourage. La dysphagie, ou difficulté à avaler, touche pourtant des millions de personnes et peut sérieusement impacter la qualité de vie. Comprendre ce problème de déglutition, ses causes et ses solutions permet de retrouver le plaisir de manger en toute sécurité.

Qu’est-ce qu’une dysphagie exactement ?

La dysphagie désigne toute gêne ou douleur ressentie lors du passage des aliments ou des liquides de la bouche vers l’estomac. Ce n’est pas une maladie en soi, mais un symptôme qui peut révéler différentes pathologies.

La déglutition normale se déroule en trois phases coordonnées : la phase orale (mastication et préparation du bol alimentaire), la phase pharyngée (passage rapide dans le pharynx) et la phase œsophagienne (progression vers l’estomac). Un dysfonctionnement à n’importe quelle étape crée une dysphagie.

Ce trouble se manifeste par plusieurs sensations : impression que les aliments restent coincés, nécessité de faire des efforts pour avaler, toux pendant ou après les repas, sensation d’étouffement, ou régurgitations nasales.

Les différents types de dysphagie

Les médecins distinguent deux grandes catégories :

La dysphagie oropharyngée concerne la bouche et la gorge. Elle se manifeste dès les premières secondes de la déglutition. Les personnes concernées ont du mal à avaler et déclenchent immédiatement le réflexe de toux.

La dysphagie œsophagienne survient après que l’aliment ait quitté la bouche. La sensation désagréable apparaît quelques secondes plus tard, avec l’impression que la nourriture reste bloquée dans la poitrine.

Cette distinction aide le médecin à orienter les examens diagnostiques et à identifier la cause sous-jacente.

Pourquoi je m’étouffe souvent en mangeant ?

Plusieurs raisons expliquent ces épisodes répétés d’étouffement :

Le vieillissement naturel ralentit les réflexes de déglutition et affaiblit les muscles impliqués. Les problèmes de déglutition personne âgée sont particulièrement fréquents après 70 ans.

Les troubles neurologiques comme la maladie de Parkinson, la sclérose en plaques, ou les séquelles d’AVC perturbent la coordination neuromusculaire nécessaire à une déglutition efficace.

Le reflux gastro-œsophagien chronique irrite l’œsophage et crée une inflammation qui gêne le passage des aliments.

Les pathologies de l’œsophage : rétrécissement, diverticules, tumeurs bénignes ou malignes peuvent créer un obstacle mécanique.

La sécheresse buccale (xérostomie), souvent causée par certains médicaments, complique la formation du bol alimentaire et son passage.

L’anxiété et le stress contractent les muscles du pharynx et peuvent générer une sensation de boule dans la gorge qui complique la déglutition.

Si ces difficultés s’accompagnent d’autres signes de mauvaise santé comme une fatigue inhabituelle ou une perte de poids, consultez rapidement.

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La difficulté à avaler chez les personnes âgées

Le problème de déglutition personne âgée représente un enjeu majeur de santé publique. Environ 15 à 40 % des seniors vivant à domicile et jusqu’à 60 % des résidents en établissement présentent une forme de dysphagie.

Cette prévalence élevée s’explique par plusieurs facteurs cumulatifs : diminution de la force musculaire, ralentissement des réflexes, sécheresse buccale liée aux médicaments, troubles cognitifs qui perturbent la concentration pendant les repas.

Les conséquences peuvent être graves : dénutrition progressive, déshydratation, infections pulmonaires par fausse route (pneumopathie d’inhalation), isolement social par peur de manger en public.

D’ailleurs, comme nous l’évoquons dans notre article sur les protéines, maintenir des apports nutritionnels suffisants devient un véritable défi en présence de dysphagie.

Difficulté à déglutir : les signes d’alerte

Plusieurs symptômes doivent alerter et motiver une consultation :

La toux systématique pendant ou juste après les repas signale que des aliments ou liquides passent dans les voies respiratoires.

Les modifications de la voix après avoir mangé ou bu — voix mouillée, enrouée — indiquent la présence de résidus dans le pharynx.

La nécessité de déglutir plusieurs fois pour faire passer un même morceau révèle une inefficacité de la déglutition.

Le temps de repas anormalement long (plus de 30 minutes pour un repas standard) suggère des difficultés importantes.

Le refus alimentaire progressif ou l’évitement de certaines textures témoignent d’une adaptation à la dysphagie.

La perte de poids involontaire constitue un signal d’alarme majeur nécessitant une prise en charge rapide.

Dysphagie : aliments à éviter

Certaines textures et consistances augmentent significativement le risque de fausse route. Voici les principales dysphagie aliments à éviter :

Les aliments à double texture comme la soupe avec morceaux, les céréales dans le lait, ou les fruits en compote mélangent liquide et solide, ce qui perturbe le réflexe de déglutition.

Les liquides trop fluides (eau, jus, thé) coulent rapidement et peuvent passer dans les voies respiratoires avant que le larynx ne se referme. Les boissons épaissies sont plus sûres.

Les aliments secs et friables : biscottes, gâteaux secs, viandes hachées sans sauce s’émiettent dans la bouche et augmentent le risque d’inhalation de particules.

Les aliments collants comme le beurre de cacahuète, le miel épais ou certains fromages adhèrent au palais et au pharynx.

Les petits aliments durs : petits pois, grains de riz, maïs peuvent facilement fausser route s’ils ne sont pas bien mastiqués.

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Les aliments filamenteux comme les haricots verts, les blancs de volaille non hachés, les ananas frais nécessitent une mastication prolongée.

Alimentation adaptée en cas de difficulté pour avaler les aliments

Adapter les textures permet de continuer à s’alimenter en toute sécurité malgré la difficulté pour avaler les aliments :

Les textures hachées facilitent la mastication. Hachez finement viandes, légumes et fruits selon le degré de dysphagie.

Les purées lisses éliminent les risques liés à la mastication. Mixez les préparations jusqu’à obtenir une consistance homogène et onctueuse.

Les aliments enrichis compensent les portions réduites. Ajoutez crème, beurre, fromage râpé, poudre de protéines pour augmenter l’apport calorique sans augmenter le volume.

Les épaississants commerciaux transforment les liquides en gel ou crème selon les besoins. Ils permettent de boire en toute sécurité thé, café, jus, bouillons.

Les desserts gélifiés offrent une texture sûre et plaisante : crèmes, flans, yaourts, compotes lisses constituent d’excellentes options.

soupe de miso gros plan sur un bol pâte de miso

Exercices et rééducation pour la difficulté à déglutire

La prise en charge par un orthophoniste spécialisé en déglutition apporte des améliorations significatives, même chez les personnes âgées. Plusieurs techniques existent :

Les exercices de renforcement musculaire ciblent la langue, les joues, les lèvres et le pharynx. Des mouvements répétés contre résistance renforcent progressivement ces muscles.

Les manœuvres de déglutition adaptées modifient le geste pour le rendre plus sûr : déglutition avec effort, déglutition supraglottique, manœuvre de Mendelsohn.

Les postures protectrices pendant les repas réduisent les fausses routes : menton rentré vers la poitrine, rotation de la tête d’un côté, inclinaison latérale.

La stimulation sensorielle par le froid, les saveurs acides ou la pression tactile améliore la sensibilité et déclenche plus efficacement le réflexe de déglutition.

La biofeedback utilise des capteurs pour visualiser l’activité musculaire pendant la déglutition et apprendre à mieux la contrôler.

Prévenir les complications

Les difficultés à avaler exposent à plusieurs risques qu’il faut activement prévenir :

La pneumopathie d’inhalation représente le danger majeur. Des particules alimentaires dans les poumons provoquent infections et détresse respiratoire. Adoptez une position assise bien droite pour manger et restez vertical 30 minutes après le repas.

La dénutrition s’installe progressivement. Pesez-vous régulièrement et consultez dès une perte de plus de 2 kg en un mois ou 5 % du poids en trois mois.

La déshydratation passe souvent inaperçue, particulièrement chez les personnes âgées dont la sensation de soif diminue. Proposez régulièrement des boissons épaissies, des sorbets, des compotes.

L’isolement social s’aggrave quand la personne refuse les invitations pour éviter de manger en public. Maintenez les moments conviviaux en adaptant les menus.

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Certaines personnes développent également des troubles associés comme la constipation liée à la modification de l’alimentation et à la réduction des apports hydriques.

Quand consulter pour du mal à avaler ?

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Prenez rendez-vous rapidement si vous présentez :

  • Difficultés à avaler persistantes depuis plus de deux semaines
  • Douleurs lors de la déglutition
  • Perte de poids involontaire
  • Toux ou étouffements fréquents pendant les repas
  • Régurgitations nasales
  • Voix modifiée après avoir bu ou mangé
  • Infections pulmonaires à répétition

Le médecin prescrira des examens complémentaires si nécessaire : fibroscopie de la déglutition, vidéofluoroscopie, manométrie œsophagienne pour identifier précisément la cause et adapter la prise en charge.

Vivre au quotidien avec une dysphagie

Quelques aménagements pratiques facilitent la vie quotidienne :

Prenez le temps de manger. Accordez au moins 30 minutes aux repas principaux, dans un environnement calme sans distraction.

Fractionnez les prises alimentaires. Cinq à six petits repas sont souvent mieux tolérés que trois gros repas.

Alternez bouchées et gorgées. Cette technique aide à nettoyer le pharynx entre chaque bouchée.

Surveillez votre posture. Restez bien droit, pieds à plat au sol, ne penchez pas la tête en arrière pour boire.

Évitez de parler en mangeant. La concentration favorise une déglutition sécurisée.

Adaptez l’environnement. Éclairage suffisant, vaisselle adaptée (verre à encoche nasale), couverts ergonomiques facilitent les repas.

Ressources et accompagnement

Ne restez pas seul face à la difficulté à avaler. Plusieurs professionnels peuvent intervenir :

Le médecin traitant coordonne la prise en charge et prescrit les examens nécessaires.

L’orthophoniste spécialisé propose des exercices personnalisés et enseigne les techniques compensatoires.

Le diététicien élabore des menus adaptés qui maintiennent les apports nutritionnels malgré les contraintes.

L’ergothérapeute conseille sur les aménagements matériels et les aides techniques.

Des associations de patients proposent soutien, informations et groupes d’échange. Pour aller plus loin, explorez nos articles sur la santé des seniors.

Points clés à retenir

La dysphagie désigne toute difficulté à avaler aliments ou liquides. Elle touche particulièrement les personnes âgées mais peut survenir à tout âge. Les causes sont multiples : neurologiques, mécaniques, inflammatoires ou fonctionnelles.

L’adaptation des textures alimentaires, la rééducation orthophonique et les postures protectrices permettent de gérer efficacement ce trouble. Les aliments à éviter en cas de dysphagie incluent les textures mixtes, les liquides trop fluides et les aliments secs ou collants.

Consultez rapidement si les difficultés persistent ou s’accompagnent de perte de poids. Une prise en charge précoce prévient les complications graves comme la pneumopathie d’inhalation et la dénutrition.

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