Perdre quelqu’un qu’on aime, c’est comme tomber dans un grand trou sombre. On se sent seul. On a peur. Parfois, on ne sait même plus respirer correctement. Le deuil, c’est normal. Mais il est parfois très lourd à porter. Et c’est là que l’hypnose peut aider.
L’hypnose, ce n’est pas de la magie. Ce n’est pas dormir ou perdre le contrôle. C’est un peu comme un jeu dans ta tête. Imagine que ton esprit est un immense jardin. Parfois, il y a des mauvaises herbes : la peine, la colère, la culpabilité. L’hypnose, c’est comme avoir un jardinier qui t’aide à nettoyer, à voir les fleurs, à laisser entrer le soleil. Un mot important qui se mélange à l’Hypnose : Deuil.
L’hypnose et le deuil : comment apaiser la peine et retrouver la lumière
Avec l’hypnose, tu peux apprendre à parler doucement à ton cerveau. Tu peux lui dire : “Tu peux relâcher un peu cette douleur. Tu peux me laisser respirer.” Et ton esprit t’écoute.
Comment l’hypnose aide dans le deuil
Le deuil n’a pas de mode d’emploi. On croit qu’il faut tout traverser seul. Mais souvent, on reste bloqué sur une image, un souvenir qui fait mal. L’hypnose aide à mettre ces souvenirs dans une boîte douce. Une boîte où on peut les regarder sans se faire mal.
Par exemple, j’ai rencontré Claire, il y a quelques années. Elle avait perdu son père. Tous les jours, elle revivait le moment où il était parti. La douleur la paralysait. On a fait une séance ensemble. Je lui ai demandé de fermer les yeux et de m’imaginer dans un endroit sûr. Elle a vu un jardin, avec des fleurs qu’elle adorait. Elle a mis ses souvenirs douloureux dans une petite boîte en bois, qu’elle a posée sur une étagère dans ce jardin. Elle a respiré. Et elle a souri. Juste un petit sourire. Mais c’était le début d’un apaisement.
Chaque personne vit le deuil différemment. Certains pleurent sans fin. D’autres sont en colère. Avec l’hypnose, on peut rencontrer chaque émotion comme un invité, lui parler, puis le laisser partir.
La respiration et l’ancrage
Pendant une séance, je demande souvent aux gens de respirer comme si l’air entrait jusqu’au fond du ventre. Puis de souffler doucement, comme si on soufflait sur une bougie. Cette simple action fait beaucoup. Elle calme le corps. Et le corps et l’esprit sont connectés.
Je me souviens de Marc. Il avait perdu sa femme. Il avait des crises de panique toutes les nuits. On a travaillé sur sa respiration et sur un petit objet qu’il aimait : une petite pierre lisse qu’il gardait dans sa poche. Chaque fois qu’il la touchait en respirant profondément, il sentait un peu de paix. Petit à petit, la peur a reculé.
C’est ça, l’hypnose. Ce sont des outils concrets pour retrouver le contrôle quand on se sent emporté par la douleur.
Les images mentales
L’imagination est très puissante. On peut créer des images qui aident à soulager la peine. Parfois, j’invite mes patients à imaginer un escalier. Chaque marche les emmène un peu plus loin de la douleur. Ou un ballon qui s’élève dans le ciel, emportant avec lui les souvenirs trop lourds.
Sophie, une jeune femme que j’ai reçue, voyait toujours son frère décédé dans sa chambre. Elle ne pouvait pas dormir. On a fait une séance où elle a imaginé un ballon bleu. Elle a mis tous ses souvenirs douloureux dedans et l’a laissé monter dans le ciel. Elle m’a dit, après la séance : “Je n’ai pas oublié mon frère. Mais je respire à nouveau.”
Le dialogue avec soi-même
Parfois, on se dit des choses très dures : “Je n’y arriverai jamais.” “Je ne suis pas assez fort.” Avec l’hypnose, on apprend à changer ce dialogue. On se parle doucement, comme à un enfant qui a peur dans le noir.
Un jour, j’ai reçu Thomas. Il culpabilisait de ne pas avoir dit au revoir à sa mère. Avec l’hypnose, il a imaginé parler à elle dans un jardin, lui dire tout ce qu’il n’avait pas pu dire. Puis il a vu sa mère lui sourire, lui dire qu’elle l’aimait toujours. Ce moment imaginaire a ouvert une porte vers la paix.
L’importance de petits pas
Le deuil ne disparaît pas en une séance. Mais l’hypnose aide à faire des petits pas. À sentir moins de poids sur les épaules. À retrouver un peu de lumière, même si le ciel est encore gris.
Chaque séance est comme un petit voyage. Parfois on revient avec une fleur, parfois avec un caillou. Chaque objet symbolique est un pas de plus vers la sérénité.
Comment se passe une séance
Quand on commence, on s’assoit ou on s’allonge. On ferme les yeux. Je guide la personne doucement. On parle de souvenirs, de sensations, de peurs. Et surtout, on crée des images mentales qui aident. On respire. On se concentre sur des points d’ancrage, comme un souvenir doux ou un objet rassurant.
La séance dure généralement 45 minutes à 1 heure. Et souvent, après, les gens se sentent légers, comme si une partie du poids avait été retirée de leur dos.
On peut consulter pour le deuil à tout moment. Juste après la perte, ou même des années plus tard. Parfois, la douleur revient à un anniversaire, une fête, ou une situation particulière. L’hypnose aide à traverser ces moments sans se laisser submerger.
Témoignages de patients
Claire : “J’avais l’impression de ne jamais m’en sortir. Après quelques séances, j’ai retrouvé le sommeil. Et j’ai pu sourire en pensant à mon père.”
Marc : “La panique nocturne était insupportable. Aujourd’hui, je respire et je me sens en sécurité.”
Sophie : “Je ne voulais plus vivre avec la douleur. L’hypnose m’a appris à dire au revoir, sans oublier.”
Thomas : “J’avais besoin de parler à ma mère. Même dans mon imagination, ça m’a libéré.”
L’hypnose ne remplace pas tout
Bien sûr, l’hypnose n’efface pas le chagrin. Elle n’efface pas la perte. Mais elle permet de la vivre avec moins de douleur. De garder les souvenirs sans être écrasé par eux.
Et c’est ça le cadeau de l’hypnose dans le deuil. Apprendre à marcher avec la douleur, et parfois, à lever les yeux vers la lumière.